Canicule dans nos logements : quels sont les critères objectifs de confort thermique en été ?
L’intensité record de la vague de chaleur qui frappe le territoire devrait durablement influencer le marché immobilier : décote, doutes acquéreurs, allongement des délais de vente… Professionnels, découvrez comment interpréter correctement l’indicateur officiel « Confort d’été » du DPE et sachez identifier les critères qui préservent réellement les logements de la chaleur. Un nouveau sujet dont les conseillers immobiliers doivent s’emparer !
Le changement climatique nous force à changer notre pratique du métier, les arguments flatteurs tels que « logement baigné de soleil » risquent bientôt d’être utilisés à l’encontre du vendeur pour justifier une négociation. C’est ce qu’a observé Rémi Camus, éco-conseiller immobilier sur le secteur de Rambouillet en cette période de chaleur : « En pleine canicule, j’ai vendu une maison au prix, ou presque, l’acquéreur ayant tenu à intégrer 3 000 € de décote pour prendre en compte la nécessaire installation d’une climatisation dans une chambre non équipée ».
Alors, comment évaluer un bien sans climatisation ?
Décoder le DPE et l’indicateur « Confort d’été »
Premier conseil : ne pas vous fier à la classe énergétique, qui traduit une logique hivernale basée sur les déperditions. En revanche, un indicateur plus à propos, situé page 2, nommé « Confort d’été (hors climatisation) », pourrait bientôt faire l’objet de questions de la part des acquéreurs.
5 critères sont étudiés à travers cet indicateur « Confort d’été« , dont deux considérés comme prépondérants : l’existence d’une isolation du toit et la présence de volets/brise soleil sur les fenêtres exposées est/sud/ouest. En cas de défaut sur l’un de ces deux critères, par exemple une seule fenêtre exposée Est, pourtant peu impactante pour le confort d’été, fera passer l’indicateur du DPE au rouge (ne concerne pas les baies de moins de 0,7m²). Attention donc.
Puis trois critères supplémentaires entrent en jeu pour classer le bien en “Bon” ou “Moyen” : l’inertie du bâtiment, un logement traversant, et la présence de brasseurs d’air. Parmi ces trois critères, deux sur trois doivent être cochés pour que l’indicateur passe au vert : “Bon confort d’été”.
Attention à l’interprétation du critère « confort d’été »
Confrontons ce critère « Confort d’été » à la réalité pour connaître ses limites.
Prenons d’abord l’exemple d’un client, vivant dans un appartement neuf, tout juste sorti de terre (RE2020), situé en étage intermédiaire, donc protégé par les voisins en haut et en bas. Le critère Confort d’été affiche « Moyen » car l’appartement n’est pas traversant. Un facteur réellement impactant puisque la difficulté à faire entrer de l’air frais au petit matin, a fait monter la chaleur au-delà de 30°C lors de la dernière canicule. Le facteur “Confort d’été” a donc une réelle pertinence dans ce cas, et démontre aussi combien le confort d’été, à l’instar de la ventilation, est lié aux bons réflexes des occupants.
Deuxième exemple, cette fois une maison ancienne avec des murs épais (50cm), isolés par l’intérieur, avec un DPE C. Dans ce cas, l’inertie lourde du bâtiment ne sera pas prise en compte, car une règle tirée d’un logique confort d’hiver atténue l’inertie. L’indicateur « Confort d’été » peut donc se révéler imparfait.